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Togo Les autorités traditionnelles des zones minières dépassées par l’irresponsabilité des entreprises


Société

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Dégradation des terres cultivables, expropriations des propriétaires terriens, misère ambiante, salaires maigres des ouvriers dans les usines ; voici le tableau tristement célèbre qui se présente dans les localités où sont installées des entreprises d’exploitation des ressources minières au Togo. Dépassées par la situation, des têtes couronnées de ces zones sortent de leur silence et dénoncent.

Le constat est clair. Ces sociétés installées dans ces zones minières font fi de la loi N°2011-008 du 5 mai 2011 relative à la responsabilité sociétale des entreprises et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Forts de ces documents, Togbui Déga Ehe Apawou de Vogan, Togbui Kodjo Kini IV de Kinikondji, Togbui Bedjra Komi de Hahotoe, Togbui Degbe Yawovi IV de Tokpli et le Régent de Tabligbo ont déploré les conditions de vie et de travail des ouvriers dans les entreprises minières.

« Les populations locales subissent le joug d’investisseurs puissants et désinvoltes et les effets néfastes de l’exploitation sauvage des ressources se font durement ressentir au niveau social, sanitaire et environnemental. Les exemples sont malheureusement nombreux, qu’ils s’agissent d’habitations détériorées par les explosifs utilisés par les mines des terres arables transformées en montagnes, lacs artificiels et des trous de profondeurs inouïes remplis de crocodiles et de serpents vénimeux qui causent des accidents mortels le long des années, de l’absence de routes praticables, de l’électricité, des installations sanitaires et scolaires parfois vétustes et sans équipements édéquats, bref des cas emblématiques des villages de Kini Kondji, de Hahotoe, de Sika Kondji et de Tokpli », ont-ils déploré dans une déclaration.

A ce triste tableau, ces autorités traditionnelles ajoutent le quotidien des travailleurs dans les usines. C’est ainsi déplorent « avec véhémence les conditions de vie et de l’existence de nos populations et les conditions de travail des jeunes travailleurs togolais qui vendent leurs forces de travail contre les salaires de misère ».

Les chefs traditionnels dénoncent en outre les conditions d’expropriations des habitants dans leurs localités (Kinikondji, Hahotoe, Tokpli, Sikakondji, Tabligbo et autres) qui se sont vus confisquer des milliers d’hectares de terres arables au profit des entreprises minières. Ces habitants, ont poursuivi les têtes couronnées, sont réduites à la mendicité parce que confrontées à une dégradation et une pollution excessive des terres « causée par l’exploitation sauvage des ressources minières ».

« Nous dénonçons les atteintes et les violations flagrantes des droits humains manifestement criards dans les communautés hôtes du fait du non respect de la législation nationale et des instruments juridiques internationaux auxquels le Togo est partie ainsi que de la mise en œuvre défaillante de la législation nationale en matière de protection des droits humains, situation qui prive les populations de leurs moyens de subsistance », a souligné la déclaration.

Tout en regrettant la non implication de ces communautés hôtes dans la mise en œuvre du Projet de développement et de gouvernance minière (PDGM) de la Banque Mondiale financé à hauteur de 15 millions de Dollars, soit environ 7,5 milliards de FCFA, les chefs traditionnels de ces villages interpellent « le gouvernement sur le droit des communautés hôtes des entreprises multinationales de jouir d’un niveau de vie suffisant, avec nourriture, vêtements et logements décents, du meilleur état de santé physique et mentale, de la scolarisation des enfants et du droit de participer à la vie culturelle et de bénéficier du progrès scientifique mais aussi et surtout des conditions de travail juste et favorables ».

Ils demandent au gouvernement de prendre et publier le décret d'application de la loi précitée, d'adopter une politique nationale en matière de responsabilité sociétale des entreprises, etc.


I.K



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