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Guinée Chronique de Kodjo Epou: Les appétits mortifères d’un vieil homme de Conakry


Politique

iciLome | | 12 Commentaires |Imprimer

A cause du refus obstiné d'un viel homme sans sagesse de tenir parole, de respecter l'engagement pris devant ses concitoyens il y a neuf ans à Conakry, une main sur le coeur, l'autre sur la constitution; à cause du refus d'un Alpha aux innombrables rides de remplir dignement, dans les limites reglémentaires, les devoirs de sa fonction, de pauvres hères vont être mutilés, plusieurs Guinéens vont être mortellement fauchés. Inutilement. Simplement parce que le serment de fidélité de Condé est en passe de devenir, grâce à un référendum mensonger, un serment d'ivrogne et/ou de joueur. La Guinée-Conakry se rue dans de violentes turbulences. Le fléau endémique des troisième mandats aura eu le dessus. Un phénomène qui fournit des arguments aux détracteurs de l'Afrique et étaye la façon dont nous sommes vus et jugés au-delà de nos frontières. Il se dit de nous que “l'Africain n'est pas un homme de parole; les serments, pour lui, ne sont que des mots, et les mots que du vent”. Ce n'est pas seulement un cliché! Car, qui peut dire que les maux dont souffre le continent, ce n’est pas d'abord la faute aux Africains eux-mêmes?

Par Kodjo Epou

En décembre 2010, un sexagénaire, presque vieil homme, laborieusement, était sorti des urnes à Conakry. Dix ans après, il n’est plus, aux yeux de beaucoup d’Africains, qu’un vulgaire assoiffé de pouvoir aux penchants autocratiques. Un troisième mandat pour en faire quoi? Ou, à quoi sert-il d’accéder au pouvoir par voie démocratique(?) si on ne peut pas, dans le délai constitutionnel convenu, passer le témoin, par souci de prémunir son peuple du chaos ? L’image que le « vieux Alpha» et ses semblables renvoient au monde dégrade le continent: la pratique de manipuler les constitutions, de s’accrocher au pouvoir envers et contre tout étant très vive dans cette partie de la planète où l’on compte les plus barbares autocraties. Pourtant, selon nos traditions africaines, c'est le vieux qui donne l’exemple. Il se pose en modèle que les plus jeunes consultent. Mais, avec un Condé qui s'amuse, toute honte bue, avec le destin de son peuple, c’est l’une des valeurs les plus sacrées de la sagesse de chez nous qui est malmenée, prise en chasse : le respect de la parole donnée. La valeur d’un homme ne se mesure t-elle pas à l’aune de sa parole et de l’exécution de ses promesses?

Nombreux sont les Africains à se demander ce que valent vraiment leurs représentants suprêmes, gardiens des constitutions, si ces derniers, sur le plan de l’intégrité morale, doivent, du militaire putschiste à peine instruit à l’intellectuel avec titre de professeur, être aussi minables les uns que les autres, rivalisant d'ardeur dans les vaines promesses qui n’engagent finalement que les pauvres citoyens qui y croient.

Le continent serait un être humain qu'il se tordrait de douleurs et se plaindrait d’avoir mal partout. A cause de ses intellectuels. Kérékou les peignait de "tarés". C’est à cause de cette intelligentsia viciée, de la faiblesse des institutions qu’elle contribue à asseoir sur le continent et puis du manque criard d'intégrité, que tout énergumène se croit fondé, une fois aux affaires, de manipuler les règles qui régissent la magistrature suprême. L'on comprend pourquoi, même les plus cancres et les plus fainéants, une fois parvenu au poste, veulent rester avec l'idée à peine voilée de se transformer en présidents à vie, bien que n'ayant pas l’expertise et l'expérience qui sont les fondamentaux de la plus haute fonction de l’Etat. Tellement, le poste le plus exigeant de la République, en Afrique, est banalisé! Ainsi, le continent risque t-il de s'exposer pour des siècles encore aux assauts des moins-disants de ses entrailles si la judicieuse proclamation, à Niamey, des anciens chefs d'Etat contre ces vicieux troisième mandats ne se transforme pas rapidement, à Addis Abéba, en une mesure contraignante consignée noir sur blanc dans la charte de l'UA.

En attendant que l’Afrique voit émerger un nombre important de figures emblématiques de la trempe de Nelson Mandela ou de l'intelligence de Mahamadou Issoufou, la candidature de Condé pour un troisième mandat, à 81 ans d'âge, est un coup de massue sur la tête de la jeunesse combattante africaine. L'attitude de celui qui se dit sorti des Sciences Po de la Sorbonne est mortifère. Le fictif référendum annoncé et la campagne de prosélytisme qui l'accompagne sont une haute trahison qui, en tant que tel, mérite, au bas mot, une ferme condamnation et le premier responsable du désordre, Condé, pendu haut et court. A son âge, on attendait de lui d'être un Salomon, gorgé de sagessse; mais Alpha, à cause d'un appétit du pouvoir que rien ne justifie, nous montre Lucifer qui vit en lui. Voilà l'image. Et, lorsqu’on a passé dix ans à la tête de son pays et que le désire de succéder à soi-même suscite un mécontentement général, le bon sens recommande une attitude autre que celle de procéder par la chasse aux opposants et d’engager un bras de fer avec son peuple ?

Pendant que le vieux de Boké, par sa guérilla constitutionnelle ubuesque, divise et cogne les Guinéens les uns contre les autres et que notre célèbre Union Africaine reste si muette, les esprits malfaisants s’échauffent, se frayent du chemin et, petit à petit, iront s’installer dans les failles. Les vendeurs de fusils ne demandent que pareil climat. Ainsi s’allument, en Afrique, les conflits armés. Souvenons-nous, Alpha, une fois, alors qu'il était dans l’opposition, trouvait "malsain et diabolique de marcher sur des cadavres pour accéder au palais présidentiel"; veut-il maintenant en sortir, au crépuscule de sa vie, en traversant à la nage, une rivière de sang humain en crue ? De gré ou de force le vieil homme partira, de sa belle mort ou emporté par une bousculade. Tant pis pour lui car, ce sera une drôle de façon de terminer sa carrière politique !
Le cadeau le plus précieux qu’on peut offrir aux Guineéns, dans leur
situation actuelle, c’est de leur souhaiter les meilleurs vœux de paix afin que le président octogénaire, en 2020, finisse par trouver, dans la langue Kankan, l’équivalent, le sens et les raisons de « Prendre sa Retraite ». Du coup, cela conduit à deux phénomènes dont on ne parle pas assez: Pourquoi Djene Kaba Condé (l'épouse) ne raisonnerait-elle pas son mari? A quoi servent ces Premières Dames en Afrique? Que disent elles à leurs potentats d’époux, les nuits, lorsqu'elles s'allongent à côté d'eux, dans le même lit?

Kodjo Epou


L'AUTEUR
Kodjo Epou
Washington DC
USA


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 12   GNAROU | Mardi, 22 Octobre 2019
  Mon cher KODJO,
L'afrique n'a pas besoin de la democratie telle est pratiquée sur le continent !

Nous sommes des pays pauvres et la democratie coûte tres cher !!

Depuis 1990 , le Togo a investi dans tous les processus electoraux plus d'argent que dans l'investissement direct qui devrait booster notre niveau de vie !!
Une seule elections coûte plus de 9 milliards! Avec 9 milliards on peut diminuer la pauvreté dans une region comme Mango en y cultivant le riz !

L'afrique a besoin de dirigeants éclairés et bâtisseurs !
On pourra leur tolerer leur une certaine democrature mais personne ne tolerera leur échec economique et social !!

La Tunisie a fait plus d'elections en 10 ans que la FRANCE !! Mais elle reste pauvre !
Le senegal pratique la democratie depuis 1960 ! Avec des elections regulieres mais Il reste tres pauvre .

Il faut repenser notre democratie! 
Celle que nous pratiquons ou essayons de pratiquer est venue trop tôt et totalement en déphasage avec nos realités sociales et économiques!!

Notre seul devoir est de manifester pour obtenir un meilleur cadre de vie et de travail !

Il y a une certaine democratie à travers l'aisance materielle !!




 11   Plagiat ? | Samedi, 19 Octobre 2019
  Réponse à 7-Affivi
  '"Le nègre contemporain ne sait plus qui il est. Je ne comprends plus les africains. Ils ne font que mentir et sont toujours prompts à vous poignarder dans le dos. "Je suis ceci, je fais cela", que des balivernes !!!"


toi ou quelqu' un avait dejá écrit la même chose sur l' ex-chef de file quand il avait déclaré sur l' honneur n' avoir jamais vu la valise contenant le soutien discret du Chef de l' Etat !

 10   Clement GAVI | Mardi, 15 Octobre 2019
  'En attendant que l'Afrique voit émerger un nombre important de figures emblématiques de la trempe de Nelson Mandela ou de l'intelligence de Mahamadou Issoufou, la candidature de Condé pour un troisième mandat, à 81 ans d'âge, est un coup de massue sur la tête de la jeunesse combattante africaine. L'attitude de celui qui se dit sorti des Sciences Po de la Sorbonne est mortifère.'

A la trempe de Nelson Mandela ou de l'intelligence de Mahamadou Issoufou, il faut ajouter celle Akufo Addo, du Ghana, de Buhari, du Nigéria. Et il faut remarquer, que c'est dans un pays Francophone, la Guinée Conakry que les principes qui sont à la racine de la souffrance et de la douleur des peuples en Afrique, se perpétuent. La plus part des pays où ces questions ignobles de troisième candidature se posent, avec ce qu'elles comportent comme souffrances, sont des pays de langue Française.
A l'Union Africaine, c'est le représentant de Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, le Tchadien Moussa Mahamat. Le négociateur en chef des pays d'Afrique, du Caraïbe et du Pacifique dans leur coopération avec l'Union Européenne, c'est le représentant de la sanglante dictature vieille de plus de 50 ans en Afrique, Robert Dussey du régime mortifère du Togo.
En toute certitude, l'Union Africaine ne condamnerait pas ce qu'il se passe en Guinée puisque le Commissaire est issue d'un régime qui date de 1990.

Les peuples d'Afrique ont le devoir d'élever au rang d'importance, les leaders Mahamadou Issoufou, Akufo Addo, Buhari en faisant appel au anciens leaders tels que les Maliens Alpha Konaré, Toumani Touré, le Sud Africain Tabho Mbeki, en disant qu'ils sont ceux qui sont représentatifs de cela qui fait l'originalité du vouloir des peuples en Afrique.

 9   yayi | Mardi, 15 Octobre 2019
  Réponse à 8-LE PATRIOTE GUEVARA
  Il a peur d'être rattrapé par des affaires jeté en prison. Comme Faure, il a volé et tué. Bolloré fait tout pour qu'ils se maintiennent avec l'aide de Macron. C'est tout.

 8   LE PATRIOTE GUEVARA | Mardi, 15 Octobre 2019
  Alpha Condé, né le 4 mars 1938.
A 81 ans, pourquoi tu ne veux pas se reposer tranquillement dans son village?

 7   Affivi | Mardi, 15 Octobre 2019
  Réponse à 5-Kodjo
  Nous africains devons apprendre à chérir le savoir, je veux parler des sciences et des technologies, du savoir authentique et utile pour nos peuples. Nous aurons ainsi les bonnes compétences indispensables au progrès économique. La culture du respect de l'autre, l'attachement au bien – être collectif, la détestation de l'orgueil, du mensonge et de la haine envers le prochain, l'affection pour son peuple sans nationalisme porteur de xénophobie forment la base que ce que j'appellerais notre révolution intellectuelle et culturelle.

 6   niko | Mardi, 15 Octobre 2019
  on doit revenir aux temps des coups d etats.

 5   Kodjo | Mardi, 15 Octobre 2019
  Réponse à 4-Affivi
  Bonjour frere. Oui, nous Africains sommes perdus. Totalement.
"Révolution intellectuelle et culturelle". Interessant. A la chinoise? Peux-tu developer un peu pour les lecteurs? S'il te plait. En quoi cela consisterait? Beaucoup aimeraient savoir, compatriotes. Salut Frere.

 4   Affivi | Mardi, 15 Octobre 2019
  Bonjour cher compatriote K. EPOU,
Qui peut dire que vous avez tord ? Personne selon moi.
Le nègre contemporain ne sait plus qui il est. Je ne comprends plus les africains. Ils ne font que mentir et sont toujours prompts à vous poignarder dans le dos. "Je suis ceci, je fais cela", que des balivernes !!!
Les africains doivent faire une révolution intellectuelle et culturelle pour résoudre leurs problèmes économiques et sociaux nombreux.
Bonne journée.

 3   Adolph Dagan | Mardi, 15 Octobre 2019
  Qu'est ce qui tourne au juste dans la tete des presidents Africains ?

 2   Christian of London | Mardi, 15 Octobre 2019
  Nous sommes mentalement pauvres, tres pauvres, en Afrique. A cause du fait que nous n'arrivons pas a nous detacher de l'argent et des biens materiels au profit des valeurs plus grandes, plus humaines. Voila in president qui finit ses deux mandats et quand le moment lui est arrive de partir, il parle d'un referendum et puis d'un dialogue. Dialogue pour quoi faire? Veut-il mettre la constitution de son pays entre parentheses? Deja, des jeunes commencent a tomber sous les balles. Et pourquoi jusqu'a maintenant aucun minister, aucun de demissionne pour se desolidariser du vieux cenile precident? Pourquoi, l'Africain des qu'il trouve des interets quelque part, il ne demissionne pas pour sauver son honneur, meme si tout est a la derive et provoque des pertes en vie humaines? Pourquoi sommes-nous comme cela? Dans le monde, personne ne respecte les Africains. On se moque de nous parce que nous sommes pauvres en tout. A la limite, on ne voit en nous que des sauvages. Parfois c'est vrai. Chapeau Kodjo pour ta sortie encore une fois lumineuse.

 1   Eustache | Mardi, 15 Octobre 2019
  c est pas lui qui est negociateur de machin de "Faure Must Go" . Il attrape comme cela le virus.
.


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