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Togo Présidentielle 2020/Les va-et-vient de la CEDEAO à Lomé : Ça sent déjà le complot !


Politique

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@L'Alternative

Elle est dans toutes les sauces pourries au Togo et dans la sous-région. La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a été la principale complice de la succession dynastique en 2005 au Togo, avec 1 000 morts, selon le rapport de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) et 500, à en croire les enquêtes de l’ONU. Elle n’en est pas restée là. En 2010 et 2015, cette institution communautaire a cautionné la mascarade électorale au Togo, permettant ainsi au clan Gnassingbé de garder le pouvoir. Cette fois encore, elle revient. Quelle crédibilité peut-on encore accorder à la CEDEAO dans la gestion des crises politiques dans la sous-région, surtout au Togo ? Aucune. La réponse n’est pas surprenante.

Depuis quelques jours, l’on observe des allers et retours de Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la CEDEAO et sa suite à Lomé. Elle a rencontré la société civile, notamment le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) et des leaders des formations politiques de l’opposition. La délégation de la CEDEAO est venue s’enquérir des informations sur « le mécanisme de remontée des résultats des bureaux de vote vers la CENI, la méthode de proclamation des résultats que la CENI entend adopter, la question du vote par anticipation des corps habillés et la présence des observateurs des partis politiques non représentés à la CENI dans les bureaux de vote». Et c’est tout. De tout ce que disent les Togolais sur le processus électoral conduit unilatéralement par le régime cinquantenaire, cette institution, comme elle sait toujours le faire, semble fermer les yeux sur les graves anomalies et pense accompagner la CENI dans ce travail.

D’abord la CEDEAO a laissé en 2018 une feuille de route qui, si le RPT/UNIR la respecte bien, résoudrait la plupart des problèmes politiques togolais. Mais dans sa complaisance, elle n’a même plus pensé à demander des comptes au régime de Faure Gnassingbé. Elle se contente de ce qu’on lui présente en terme « d’efforts » que brandissent ses émissaires qui font des va-et-vient aux frais du contribuable. C’est la CEDEAO qui a demandé la recomposition de la Cour constitutionnelle. Aujourd’hui, cette cour est restée en l’état, complètement acquise au régime en place qui l’utilise dans la fraude électorale. Elle a également exigé la composition équitable de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). A l’heure actuelle, ce sont deux membres de l’opposition qui s’y trouvent, mais n’ont visiblement aucun pouvoir de décision. D’ailleurs, des voix s’élèvent pour leur demander de démissionner s’ils ne veulent pas se rendre complices de la mascarade que prépare le régime. C’est aussi la CEDEAO qui a demandé l’audit du fichier électoral, une opération dont les résultats ont été rendus à qui de droit. Mais jusqu’aujourd’hui, l’institution refuse de rendre public le rapport pour situer l’opinion nationale et internationale. Que révèle cet audit du fichier électoral ?

Seule la CEDEAO connaît la réponse; mais visiblement, dans son souci de protéger le pouvoir de Faure Gnassingbé, elle fait un black-out sur le document. En tout cas, la C14 a eu à le lui rappeler mardi dernier lors de la rencontre avec la délégation. « La C14 a réitéré son étonnement face au refus persistant de la CEDEAO à publier ou à mettre à la disposition des acteurs politiques le rapport de l’audit du fichier électoral (2018) », peut-on lire dans la déclaration de ce regroupement de partis de l’opposition.

On se demande le sens que donne cette institution à son protocole additionnel sur la bonne gouvernance et la limitation à deux des mandats présidentiels quand on sait que Faure Gnassingbé veut entamer son quatrième. Le bon sens voudrait que ces émissaires de la CEDEAO qui sont en fait des suppôts de la dictature cinquantenaire qui régente le Togo, tentent de ramener le fils du père à la raison en lui faisant comprendre la nécessité de partir par la grande porte. Au moment où dans le pays, les voix s’élèvent pour dénoncer le quatrième mandat de Faure Gnassingbé, la CEDEAO ne semble pas préoccupée par le sujet. Elle promet plutôt accompagner le processus qui est d’ailleurs verrouillé par le régime dont elle se rend complice. Le moins qu’elle puisse faire, c’est de demander au système cinquantenaire de remettre les choses à plat et partir sur de bonnes bases, afin d’organiser une élection présidentielle crédible, transparente et acceptée par tous. Ainsi, elle pourrait éviter aux Togolais les violences qu’ils ont toujours connues en période électorale dans le pays.

Face à la situation, il est clair que des observateurs demandent aux leaders politiques de l’opposition de faire preuve de fermeté envers cette institution sous-régionale. La CEDEAO se révèle davantage un syndicat des chefs d’Etat qui soutient la dictature au Togo. Pour cela, il est inutile que la classe politique accepte rencontrer ces émissaires qui arrivent à Lomé dans la seule intention d’aider la dictature à sortir d’affaire. Discuter avec la CEDEAO des conditions de transparence et d’équité de la présidentielle 2020 au Togo, c’est perdre du temps devant une institution qui a déjà choisi son camp.



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