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Burkina-Faso Déclaration de politique générale de Son Excellence Monsieur Christophe Joseph Marie DABIRE, Premier ministre


Politique

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Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les Députés,

C’est un honneur pour moi de me présenter à nouveau devant votre auguste Assemblée pour vous exposer la politique générale de mon Gouvernement.
Cet honneur, je le dois à Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE qui a bien voulu m’appeler à la haute fonction de Premier Ministre, après que le peuple burkinabè, dans sa souveraineté, a fait le choix éclairé de le réélire à la magistrature suprême pour un nouveau mandat de 5 ans.

Au-delà du devoir républicain et du rituel que constitue cet exercice solennel, je voudrais me réjouir de retrouver dans ce temple de la démocratie, les distinguées personnalités qui en sont des habituées et naguère ici rencontrées, mais aussi de nouvelles qui arrivent pour la première fois, ou qui y font un retour et dont je tiens à saluer la présence.

Aux uns et aux autres, j’adresse mes sincères félicitations pour leur élection, preuve s’il en fallait encore, de la vitalité de la démocratie burkinabè et de la maturité de notre peuple qui sait se choisir,dans la paix, ses mandataires.

Je voudrais féliciter particulièrement et chaleureusement l’honorable député, Monsieur Alassane Bala SAKANDE, qu’il a plu à ses pairs de désigner, presqu’à l’unanimité, pour présider aux destinées de l’Assemblée nationale.

Monsieur le Président, je vous exprime ma déférente considération et vous assure de ma disponibilité à travailler avec vous, pour la réalisation de vos missions régaliennes, dans le but de répondre aux aspirations fondamentales de nos compatriotes de l’intérieur comme de l’extérieur.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Je m’adresse à vous à un moment historique de la construction de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays.
Le moment est historique, parce que les Burkinabè se souviennent qu’ en décembre 2015, au sortir d’ élections présidentielle et législatives, démocratiques mais qualifiées, par certains acteurs, de tous les dangers, le Président du Faso élu a entamé un mandat émaillé d’évènements sans précédent dans l’histoire de notre pays. Je voudrais citer particulièrement les attaques terroristes à répétition, un front social en ébullition permanente et des conflits communautaires jamais enregistrés. A cela, s’est ajoutée la crise liée à la pandémie du COVID- 19 en 2020.
Toutes ces crises que le Peuple burkinabè a transformées en défis à relever, ont révélé toutes les fragilités de notre pays sur le plan politique, sécuritaire, économique et social.

Dans le même temps, elles ont révélé un Peuple résilient, combatif et déterminé à braver toutes les adversités surgissant dans sa marche radieuse vers la liberté et la prospérité.

Le moment est également historique, parce que malgré ces difficultés, la démocratie burkinabè s’ est consolidée par l’ organisation le 22 novembre 2020 d’ élections présidentielle et législatives libres, transparentes, apaisées et saluées par tous les acteurs, confirmant si besoin en était, la grande maturité du Peuple burkinabè.

Le choix de nos compatriotes de sceller un nouveau pacte avec Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, à cette occasion, procède notamment, de la responsabilité, de l’assurance et de la sérénité dont il a fait montre dans la gestion des difficultés vécues durant le premier mandat.

Il traduit également la pertinence de son programme de société dont la vision nous invite à nous mettre :« Ensemble et en mouvement pour reformer l’ Etat, l’ administration publique, pour garantir la sécurité, la stabilité et renforcer la résilience économique du Burkina Faso ».
Pour ce faire, le Président du Faso engage les Burkinabè dans un mouvement d’ ensemble dont l’ objectif est de réaliser dix grands chantiers.

La feuille de route de mon gouvernement pour les traduire en actions concrètes, dans un monde encore en proie aux effets néfastes du Covid-19, et avec lequel nous devons apprendre à vivre, sera articulée autour de la nécessité:

1) de consolider la paix, la sécurité, la cohésion sociale et de promouvoir la réconciliation nationale ;
2) d’approfondir la réforme des institutions et la modernisation de l’administration publique ;
3) de poursuivre la transformation des bases productives de l’économie nationale ;
4) de renforcer le processus de développement humain et la solidarité.

I. DE LA CONSOLIDATION DE LA PAIX, DE LA SECURITE, DE LA COHESION SOCIALE E T DE LA RECONCILIATION NATIONALE
La consolidation de la paix, de la sécurité des personnes et des biens, de la cohésion sociale ainsi que la promotion de la réconciliation nationale, constituent le premier axe de ma feuille de route, car l’évolution du contexte de notre pays l’exige.

Dans le souci de poursuivre la construction et la préservation de la sécurité et de la paix durement éprouvées par le phénomène du terrorisme, nous conduirons les actions majeures suivantes :
- la consolidation des acquis engrangés grâce à l’opérationnalisation de la loi de programmation militaire 2018- 2022 ;
- l’amélioration de la contribution des volontaires pour la défense de la patrie à travers un meilleur encadrement ;
- la poursuite de la coopération sous-régionale et internationale dans le cadre du G5 Sahel ;
- le renforcement des capacités d’ intervention des forces de sécurité intérieure en vue de contrer le développement de la criminalité transfrontalière, du grand banditisme et de la criminalité rampante dans nos villes et campagnes ;
- la restauration du climat de confiance entre les Forces de défense
et de sécurité et les populations civiles, par l’ intensification d’actions civilo-militaires pour renforcer les liens Armée-Nation.

En outre, l’adoption prochaine par le gouvernement, de la Politique et de la Stratégie de Sécurité Nationale, ainsi que l’ accélération de l’élaboration des stratégies sectorielles qui en découlent, favoriseront le déploiement d’une réponse holistique dans la prise en charge des défis sécuritaires.

Ces actions s’inscrivent dans la continuité des politiques initiées et mises en œuvre par les gouvernements, depuis 2016, et qui ont permis d’éviter le chaos à notre pays.
C’est le lieu pour moi de saluer solennellement encore, la bravoure et l’esprit de sacrifice, souvent suprême, de nos forces de défense et de sécurité et des volontaires pour la défense de la patrie qui se battent inlassablement, afin de préserver l’ intégrité de notre territoire et assurer la quiétude des populations.

Honorables Députés ;
Au-delà de la quête de la stabilité de notre pays sur le plan sécuritaire, la justice et les droits humains, le dialogue politique et social, la réconciliation nationale et la cohésion sociale constituent également des préoccupations majeures de mon Gouvernement.
En effet, la justice est un pilier fondamental de l’Etat de droit et de la construction durable d’une société de paix. Je considère donc le renforcement de l’institution judiciaire comme une priorité.

A ce titre, mon Gouvernement poursuivra son appui aux juridictions pour leur donner les capacités de vider les dossiers, notamment ceux emblématiques, qui continuent de ternir l’image de notre justice.
Il entreprendra également les réformes utiles pour accélérer l’opérationnalisation du pacte pour le renouveau de la justice, adopté en 2015.

Pour ce faire, le ministre en charge de la justice engagera, avec les acteurs de la magistrature, une évaluation sans complaisance de la mise en œuvre dudit pacte pour en dégager les forces à consolider et les faiblesses à corriger.
L’objectif ultime de ces mesures est de rendre la justice plus performante et accessible.
Par ailleurs, les droits humains et les libertés, constituent des éléments incontournables de la construction de la démocratie. Leur promotion fera l’objet d’une attention particulière. Il en sera de même, pour la préservation de la dignité humaine, notamment pour toutes les personnes en situation de conflit avec la loi.
C’est le lieu pour moi de rappeler que le combat du Peuple burkinabè contre les forces du mal, se mène et doit se mener dans le strict respect des lois et conventions internationales.

En outre, je réaffirme mon attachement au respect des libertés individuelles et collectives, ainsi que la liberté de la presse que je vais travailler à consolider.

Dans le domaine des médias, dont je salue la contribution positive dans l’édification de la démocratie burkinabè, le Gouvernement continuera à accompagner le développement de leurs entreprises grâce au Fonds d’appui à la presse privée, créé à cet effet.
Cependant, nous attendons de l’ensemble des médias, qu’ils contribuent, en toute responsabilité et professionnalisme, à la promotion de nos valeurs citoyennes.

Pour ce qui concerne la réconciliation nationale, elle constitue un enjeu majeur pour mon gouvernement. C’est l’ampleur de ce défi qui a commandé la nomination d’un ministre d’Etat, ministre auprès du Président du Faso et qui en a la charge.
Une des actions phares pour relever ce défi est de réussir l’organisation du forum de réconciliation nationale annoncé par le Président du Faso, en s’appuyant sur les résultats fort appréciables déjà engrangés par le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale.
Il s’agit de convoquer toutes les forces vives de la nation pour poser les jalons d’un nouveau départ pour notre pays en matière de consolidation d’un Etat de droit et de démocratie qui garantit les libertés de chacun et la paix pour toute la communauté.

En outre, le Gouvernement va parachever l’élaboration de la stratégie nationale pour la promotion de la cohésion sociale pour servir de référentiel en la matière et organiser dans ce cadre une journée symbolique dédiée au vivre-ensemble.
Il s’investira dans la lutte permanente contre toutes les formes de stigmatisation et de repli identitaire qui sont sources de division dans notre société.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Les bases du nouveau pacte social et républicain qui seront créées à l’ occasion du forum national sur la réconciliation devront être consolidées par un dialogue politique et social fécond.
Sur le plan politique,la reconnaissance par tous de la crédibilité des résultats des dernières élections découle pour une large part, du consensus né du dialogue politique initié par le Chef de l’Etat.
Tout en félicitant l’ensemble des acteurs pour les succès enregistrés lors des élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020, mon Gouvernement entend parachever le processus électoral en cours, en veillant à organiser dans les conditions optimales, les élections municipales et le référendum constitutionnel.
Cependant, le nouveau paysage politique résultant des élections du 22 novembre 2020, l’importance des réformes préalables à engager pour consolider la décentralisation et la démocratie locale pourraient justifier un report des scrutins de mai 2021.
C’est pourquoi, dans les prochaines semaines,le Gouvernement va engager des consultations avec la classe politique, afin d’en déterminer les modalités.
S’agissant du dialogue social, je salue l’accalmie relative au niveau de la fronde sociale qui permet aujourd’hui, le bon fonctionnement de l’ administration et la mise en œuvre de l’ action publique de développement.
Ce calme dénote du sens élevé de responsabilité des partenaires sociaux, leur volonté de préserver l’intérêt national et leur ouverture constante au dialogue. Je reconnais la contribution du Haut conseil du dialogue social dans l’apaisement du climat social.

En tout état de cause, dans le souci de consolider la justice sociale et l’équité, le gouvernement poursuivra les réformes majeures initiées,en privilégiant le dialogue comme mode de règlement des conflits collectifs.

II. DE l’APPROFONDISSEMENT DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Dans notre combat acharné contre le terrorisme et l’insécurité, l’ administration publique a été l’ un des maillons dont l’accompagnement s’est révélé insuffisant dans cette lutte.
En effet, la faible couverture du territoire national par les structures régaliennes de l’Etat a favorisé l’implantation ou l’incursion de groupes terroristes dans certaines localités de notre pays.
Pour gagner le pari de la sécurité, je veillerai à la réorganisation de l’administration du territoire.
Conformément aux engagements du Chef de l’ Etat, suivis de ses orientations,le ministre en charge de l’administration territoriale vous soumettra incessamment, un projet de redécoupage du territoire national devant assurer un meilleur maillage sécuritaire et un meilleur développement socio-économique à la base.
Dans le même sens, le Gouvernement entend vous proposer un projet de loi de programmation de l’administration du territoire. Une fois adopté, nous pourrons planifier, sur plusieurs années, les dépenses de l’État en vue de renforcer, réhabiliter et dynamiser efficacement les circonscriptions administratives.
Ces actions doivent favoriser l’installation des représentants de l’État à leurs postes et faciliter le retour des personnes déplacées internes dans leurs localités d’origine.

Par ailleurs, la consolidation de la décentralisation appelle impérativement des réformes pour rendre les communes plus viables et aptes à répondre aux aspirations légitimes des populations à la base.
Dans ce domaine, le processus connaît des difficultés. Pour y remédier,le Président du Faso en a indiqué la voie et la solution que je propose est de favoriser une complémentarité dynamique entre les processus de décentralisation et de déconcentration de notre administration publique.

Dans cette optique, le ministre en charge de la Décentralisation vous présentera un projet de nouveau Code général des collectivités territoriales avec pour ambitions majeures de :
1) clarifier les compétences ainsi que les ressources à transférer aux régions et aux communes ;
2) clarifier le statut des départements et des villages afin de préciser et renforcer leurs rôles dans le développement local ;
3) réformer les communes à statut particulier pour donner plus de responsabilités aux arrondissements.
Par ailleurs, pour que l’administration centrale puisse servir de levier à la décentralisation, mon gouvernement s’emploiera, dans le cadre de la fonction publique territoriale, à combler le déficit en ressources humaines dans le respect des principes de transfert de compétences et de ressources entre l’État et les collectivités territoriales.
Dans le cadre du programme de renforcement des infrastructures socio-économiques(PRISE), il poursuivra également la mise à niveau et le développement des infrastructures régionales de base, socle du développement local.

Il s’agit notamment des routes, du transport urbain, de l’électricité, de l’ eau et de l’ assainissement, de l’ éducation, de la santé et de la connectivité numérique.
Au-delà du renforcement des capacités des acteurs des collectivités territoriales, je voudrais engager notre pays à mettre en œuvre une véritable politique de relèvement du niveau de développement,d’abord des régions en proie aux fragilités et plus généralement de l’ensemble des communes.

A cet égard, je veillerai à ce que les programmes novateurs tels que le Programme d’urgence pour le Sahel élargi (PUS-BF)et le Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL), soient révisés dans le sens d’intensifier leurs actions.
Pour réussir la mise en œuvre de ces programmes, je vais œuvrer à ce que l’Agence nationale d’appui au développement des collectivités territoriales soit opérationnelle afin de leur fournir l’appui technique et financier nécessaire.

Je mettrai également à profit le fonds minier de développement local qui permet de mobiliser les ressources pour financer les programmes d’investissements communautaires.



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